Ni le jour, ni l’heure

Publié le 29 novembre 2020

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Tout le monde l’attendait, mais personne ne l’a vu venir. Comment cela a-t-il pu se produire et pourquoi ? De qui parle-t-on d’abord ? En cette période de fête, cela me parait évident. Dieu nous a été révélé, et de manière totalement inattendue. Les Écritures annonçaient un Roi, un Dieu, un Sauveur. Les hommes attendaient un magicien, un tout-puissant, un libérateur, imaginez le quiproquo. Mais depuis, tout est rentré dans l’ordre. Jésus débarque chaque année à heure fixe (eh oui, la messe de minuit a bien lieu à minuit !). Avec toute la symbolique que l’homme a bien voulu y introduire : lumière et grandeur.

La lumière d’abord. Jésus l’a lui-même affirmé : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8 :12). Observez l’orientation de nos églises. L’entrée est généralement orientée au couchant (mort du Christ), alors que l’autel et la croix sont orientés vers le levant (sa Résurrection). En entrant dans une église, nous passons donc de la mort à la vie et, dans nos prières, nous nous adressons au Christ Ressuscité. Une symbolique d’autant plus forte qu’elle avait déjà dans les autres religions de l’époque. La lueur des bougies allumées lors de célébrations Rorate en est aussi un témoignage. Nous devenons des veilleurs d’aurore, car nous ne savons ni le jour, ni l’heure.

La grandeur ensuite. Là c’est Jean notre témoin : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » (Jn 3 :30). Le fait que les dates de « naissance » de Jésus ainsi que de Jean soient aux solstices n’a rien d’un hasard. C’est donc tout naturellement que la Nativité fût dès lors célébrée au solstice d’hiver, moment où la lumière du jour recommence à croître, et que la Saint-Jean trouve sa place au solstice d’été, période de l’année ou la lumière du jour diminue jusqu’en décembre.

Aujourd’hui organisé comme un agenda électronique, considérons cet Avent avec bienveillance et conversion. Rien ne nous empêche de nous assoupir (Mt 25 : 5-7), mais il nous faut changer d’attitude, rester ouvert et accueillant. Marc est même plus exigeant, et il nous le signifie très bien en ce premier dimanche de l’Avent : « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » (Mc 13 :37). La veille est effectivement notre signe d’espoir.

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